Nº 042 — mai 2026 Édition hebdomadaire La revue des dirigeants RH
Stratégie RH

Quels sont vos droits concernant les congés payés en 2025 ?

Camille Durand 5 min de lecture Mis à jour le

Les fondamentaux des congés payés en 2025

Le droit aux congés payés constitue un pilier essentiel du droit du travail français. En 2025, tout salarié bénéficie automatiquement de 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif chez le même employeur. Ce calcul s’applique quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, intérim) ou le temps de travail (temps plein ou partiel).

Plusieurs éléments déterminent l’acquisition et l’utilisation de ces congés :

  • Période de référence : du 1er juin 2023 au 31 mai 2024 pour les congés à prendre avant le 31 mai 2025
  • Durée maximale : 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète
  • Congé principal obligatoire : entre 12 et 24 jours ouvrables pris entre le 1er mai et le 31 octobre
Type de contrat Droits aux congés Particularités 2025
CDI 2,5 jours/mois Application de la nouvelle loi sur les arrêts maladie
CDD 2,5 jours/mois Calcul proportionnel à la durée du contrat
Intérim 10% de la rémunération brute Indemnisation en fin de mission

La révolution des arrêts maladie depuis avril 2024

La loi n°2024-364 du 22 avril 2024 a profondément modifié les règles concernant les congés payés pendant les arrêts maladie. Désormais, tout arrêt maladie – quelle qu’en soit l’origine – permet d’acquérir des droits à congés payés.

Concrètement, chaque mois d’arrêt maladie donne droit à 2 jours ouvrables de congés payés, dans la limite de 24 jours par an. Cette disposition s’ajoute aux droits acquis pendant les périodes effectivement travaillées.

Gestion pratique des congés payés

La prise des congés payés obéit à des règles précises que tout salarié doit connaître pour optimiser ses droits. L’employeur doit informer chaque salarié de son solde de congés, généralement indiqué sur le bulletin de paie sous la mention « CP N-1 ».

Les principales contraintes à connaître :

  • Délai de prévenance : l’employeur peut refuser les dates demandées si elles ne conviennent pas
  • Modification des dates : interdite moins d’un mois avant le départ
  • Période légale : obligation de prendre entre 12 et 24 jours entre mai et octobre

Report et perte des congés payés

En l’absence d’accord spécifique dans l’entreprise, les congés non pris avant la date limite sont définitivement perdus. Cependant, certaines situations permettent un report exceptionnel :

Situation Possibilité de report Durée maximale
Annualisation du temps de travail Oui Jusqu’au 31 décembre de l’année suivante
Congé sabbatique Oui 6 années maximum
Compte épargne-temps Oui Selon accord d’entreprise

Les salariés en congé maternité ou d’adoption conservent intégralement leurs droits à congés payés, même si la période de prise est dépassée pendant leur absence.

Calcul des indemnités de congés payés

L’indemnisation des congés payés suit des règles strictes définies par le Code du travail. Deux méthodes de calcul coexistent, l’employeur devant retenir la plus avantageuse pour le salarié.

Première méthode : maintien de salaire. Le calcul se base sur :

  • Le salaire du mois précédant le congé pour les mensualisés
  • La moyenne des salaires des 12 derniers mois pour les autres cas

Deuxième méthode : le 1/10ᵉ de la rémunération brute annuelle. Cette option inclut :

  • Toutes les primes et avantages en nature
  • Une réduction à 80% pour les arrêts maladie non professionnels

Cas particuliers des arrêts maladie

La loi de 2024 introduit des nuances importantes dans le calcul des indemnités selon la nature de l’arrêt :

Type d’arrêt Taux d’indemnisation Droits à congés
Maladie professionnelle 100% 2 jours/mois
Accident du travail 100% 2 jours/mois
Maladie ordinaire 80% 2 jours/mois

Cette réforme majeure s’applique rétroactivement depuis le 1er décembre 2009, permettant aux salariés de réclamer des droits à congés payés pour des arrêts maladie anciens.

Les spécificités selon les types de contrats

Si les principes généraux s’appliquent à tous les salariés, certaines particularités existent selon la nature du contrat de travail.

Pour les CDD et intérimaires :

  • Calcul proportionnel à la durée du contrat
  • Indemnisation en fin de mission si les congés n’ont pu être pris
  • Application des nouvelles règles sur les arrêts maladie

Pour les travailleurs saisonniers :

  • Accumulation accélérée pendant les périodes d’activité
  • Possibilité de report selon les conventions collectives
  • Indemnisation spécifique en fin de saison

Le cas des conventions collectives

De nombreuses conventions collectives prévoient des dispositions plus favorables que le droit commun. Il est essentiel de consulter :

  • L’accord d’entreprise ou d’établissement
  • La convention de branche
  • Les usages dans l’entreprise

Ces textes peuvent notamment prévoir :

Avantage possible Base légale Exemple
Durée supérieure de congés Article L3141-9 du Code du travail 35 jours dans certaines branches
Conditions de report facilitées Accord d’entreprise Report automatique sur 2 ans
Indemnités majorées Convention collective 110% du salaire habituel

Conseils pour optimiser ses congés payés

Face à la complexité des règles, quelques stratégies permettent de maximiser ses droits à congés payés.

Première recommandation : anticiper la prise des congés. Les salariés doivent :

  • Vérifier régulièrement leur solde sur le bulletin de paie
  • Planifier leurs demandes suffisamment à l’avance
  • Tenir compte des périodes d’affluence dans l’entreprise

Deuxième axe : connaître ses droits en cas d’absence. La nouvelle loi de 2024 permet désormais de :

  • Cumuler des droits pendant les arrêts maladie
  • Bénéficier d’une indemnisation partielle
  • Prendre ces congés après son retour au travail

Que faire en cas de litige ?

En cas de désaccord avec l’employeur sur les droits à congés payés, plusieurs recours existent :

Recours Délai Organisme compétent
Demande écrite à l’employeur Immédiat Service RH
Saisine des représentants du personnel 2 mois Délégués du personnel
Recours devant le conseil de prud’hommes 5 ans Juridiction du travail

La consultation d’un syndicat ou d’un avocat spécialisé en droit du travail peut s’avérer précieuse pour défendre ses droits.